La biologie hospitalière en manque d’attractivité ?

Alors que les représentants de la profession s’inquiétaient cet été de la démographie de la biologie médicale, le Syndicat National des Biologistes Hospitaliers (SNBH) a publié le 9 décembre 2022 une lettre ouverte, adressée à l’Observatoire National de la Démographie des Professions de Santé (ONDPS), suite à la publication du panorama de la démographie des pharmaciens au 1er janvier 2022 ; celui-ci faisant état d’une diminution du nombre de pharmaciens biologistes de plus de 15 % depuis 2009. Le docteur Carole Poupon, présidente du SNBH, a présenté, lors du colloque de la Fédération Nationale des Syndicats de Praticiens Biologistes Hospitaliers et Hospitalo-universitaires (FNSPBHU), les résultats préoccupants d’une enquête flash démographique. Cette enquête, lancée par le SNBH, a été réalisée la première quinzaine de novembre 2022 et diffusée auprès de ses membres, des BioMed et de la FNSPBHU. Les 334 répondants exerçaient pour 43 % en CHU, 55 % en CH, et 2 % en ESPIC. 67 % d’entre eux cherchaient à recruter un ou plusieurs biologistes, la majorité des spécialités étant concernées (biologie polyvalente 28 %, biochimie 22 %, hématologie 17 %, agents infectieux 12 %, génétique moléculaire – cytogénétique 8 %, immunologie 8 % et biologie de la reproduction 2 %). Les deux tiers avaient des difficultés de recrutement et 22 % cherchaient à recruter depuis longtemps. 87 % des répondants estimaient que la biologie hospitalière est en perte d’attractivité. « Les causes du manque d’attractivité sont multiples : accréditation (cause retrouvée dans environ un quart des réponses), permanence des soins, salaire, manque de moyens, lourdeur administrative, regroupements, gouvernance, regroupements, etc., liste le Dr Poupon. Heureusement, certains éléments restent attractifs : diversité du travail, lien avec les cliniciens, hyperspécialisation, missions transversales, stabilité de l’emploi… La polyvalence rendrait le recrutement plus facile, avec possibilité de se spécialiser ensuite. Une solution serait-elle de rendre les stages de biologie générale obligatoires dans le 3e cycle des études médicales ? », interroge-t-elle en conclusion.