Les syndicats quittent la table des négociations

« L’annonce de l’objectif de 180 millions d’euros d’économies en 2020 sur les dépenses de biologie médicale est considérée par la profession et par les syndicats qui la représentent comme une provocation » s’insurgent dans un communiqué les représentants des syndicats de biologistes médicaux libéraux : Dr François Blanchecotte, président du SDB (Syndicat des biologistes), Dr Lionel Barrand, président du SJBM (Syndicat des jeunes biologistes médicaux), M. Jean Phillip, président du SLBC (Syndicat des laboratoires de biologie clinique) et Dr Claude Cohen, président du SNMB (Syndicat national des médecins biologistes). Le rapport charges et produits pour 2020 de l’Assurance maladie, qui prévoit 180 millions d’euros d’économies sur les dépenses de biologie médicale en 2020, a été approuvé par le Conseil de la Caisse nationale de l’Assurance Maladie le 2 juillet. Lors de la seconde réunion de négociation du prochain protocole d’accord triennal sur les dépenses de biologie médicale du 3 juillet, et après avoir écouté Nicolas Revel, directeur de l’Assurance maladie expliquer sa démarche, les représentants des quatre syndicats ont décidé de quitter la table des négociations.

 

Les syndicats dénoncent « une volonté délibérée de rompre tout dialogue », rappelant que la baisse de la NABM de 180 millions d’euros « est inédite par son ampleur ». Elle représente en effet un effort de -4.8 % sur une enveloppe de remboursement de 3 731 millions d’euros, alors que « les dépenses de biologie médicale sont maîtrisées depuis 6 ans et ne progressent que de 0,25 % par an, très en deçà de l’augmentation de l’Ondam (+2,5 % en 2019) » précise le communiqué. Ceci alors que « les besoins d’examens de biologie médicale augmentent sans cesse » et que « les biologistes médicaux et leurs laboratoires sont conduits depuis 10 ans à réaliser toujours plus de prescriptions d’examens de biologie pour un coût unitaire toujours plus bas ».

 

« Baisser aujourd’hui la NABM de 180 millions revient à casser la biologie médicale française, à licencier un grand nombre de personnel et à faire le pari d’un nouveau modèle industriel, sans plus-value médicale et sans offre de proximité pour les patients » s’indignent les syndicats de biologistes médicaux. « Cette baisse n’est pas économique, elle est politique » ajoutent-ils. Considérant qu’il s’agirait là « d’une erreur majeure pour la qualité de soins en France », les représentants des syndicats demandent donc « une réponse politique claire sur le devenir d’une composante essentielle de notre système de santé, de la prévention et de la prise en charge médicale ».

 

NBS