Recul du dépistage organisé du cancer colorectal

Au cours de la période 2012-2013, parmi les 18 millions de personnes âgées de 50 à 74 ans invitées à participer au programme organisé de dépistage du cancer colorectal, près de 5 millions ont réalisé un test. « Ce qui représente un taux de participation de 31 % », note l’InVS. Un taux « inférieur à l’objectif européen minimal acceptable de 45 % de participation, loin derrière le taux souhaitable de 65 %.» Par ailleurs, ce taux accuse une légère baisse (-2,2 %) par rapport à la période 2011-2012.

Plusieurs tendances se dessinent. La participation varie considérablement en fonction des départements, de 7,3 % en Corse à 43,7 % en Alsace. Les femmes adhèrent davantage au programme que les hommes (32,8 % versus 29,1 %). La participation au programme de dépistage organisé augmente avec l’âge, à l’échelle nationale et dans la plupart des régions… sauf en Martinique, à la Réunion et en Languedoc-Roussillon, où elle semble baisser avec l’âge, aussi bien chez les hommes que chez les femmes.

Durant la période concernée, près de 5 millions de tests ont été réalisés dont un peu plus de 105 000 se sont révélés positifs, soit 2,2 %. Ce qui représente une diminution de 8,3 % par rapport à la période précédente (2011-2012). « La diminution du taux de tests positifs est cohérente avec la répétition des campagnes de dépistage qui permettent d’identifier et d’exclure de la population cible du dépistage les personnes présentant des lésions colorectales précancéreuses ou cancéreuses, et de les orienter vers un suivi plus spécifique par leur médecin », commente l’InVS.

« Les modalités du programme devraient prochainement évoluer puisque la Direction générale de la santé a acté la substitution des tests au gaïac (Hémoccult) par de nouveaux tests immunologiques utilisant des anticorps dirigés contre des protéines du sang humain », a rappelé l’InVS. Des tests plus sensibles dans la détection des adénomes avancés et des cancers. Ces meilleures performances pourraient augmenter la confiance des médecins généralistes, et l’acceptation par la population -le prélèvement pour test immunologique limitant le contact avec la selle-, deux facteurs importants de la réussite d’un dépistage, a souligné l’InVS.

Source : InVS

K.D.