Démographie des pharmaciens biologistes médicaux : des effectifs en baisse

La baisse des effectifs constatée en 2009 se poursuit en 2012 (-1 % par rapport à 2011). Le nombre de pharmaciens biologistes est désormais de 7 655 inscrits à l’Ordre. Leur part dans le secteur privé domine largement (4 715 inscrits) même si, comme les années précédentes, elle poursuit son repli progressif (-2,4%) au profit du secteur public (2 649 inscrits, +1,2 %).

Dans le secteur privé, les biologistes responsables (ex. : directeurs de laboratoire) restent les plus nombreux malgré deux années consécutives de baisse (-12 %) au profit des biologistes médicaux (ex : directeurs adjoints, +21 % en deux ans). Le sex-ratio est de 57 % de femmes contre 43 % d’homme, une majorité que l’on retrouve aussi bien dans le public que dans le privé.

L’effectif est décroissant mais il est aussi vieillissant. L’âge moyen des pharmaciens biologistes dépasse 49 ans. L’Ordre craint une précarisation de la profession dans la mesure où les jeunes ont du mal à entrer au capital, et les départs en retraite – dont un certain nombre ont été différés à cause de la crise – vont s’accélérer jusqu’en 2019, année qui marquera la fin du papy-boom. De plus, l’instance s’inquiète d’une évaporation de 25 % des pharmaciens diplômés au sortir de la faculté.

La vigilance sur la desserte territoriale est de mise. Sous l’effet de la réforme de la biologie médicale, qui a stimulé le processus de concentration des laboratoires (6,4 sites par laboratoire en 2012 contre 5,9 en 2011), les disparités de la répartition territoriale des LBM se sont amplifiées. Dans nombre de départements, la réduction du nombre de structures se traduit également par une baisse du nombre de sites. Ainsi, si certaines zones sont bien dotées (Nord, Ile-de-France à l’exception du 93 et du 95), Loire-Atlantique, Rhône, littoral sud de PACA), une diagonale Nord-Est/Sud-Ouest de Champagne-Ardenne à Midi-Pyrénées se dessine, très peu dense en laboratoires, où de nombreux départements comptent moins de 10 sites.

Enfin, l’Ordre des pharmaciens a recensé 3 873 LBM privés dont près de 91 % sont exploités en SEL. Pour la première fois en 2012, le nombre de SEL exploitant des LBM* passe devant celui des SEL exploitant des LABM**, conformément à la logique imposée par l’ordonnance du 13 janvier 2010. La chute du nombre moyen de SEL de biologie en LABM se poursuit mécaniquement, ce type de structure a vu son effectif diminuer de moitié en 2012.

Conséquence : 86 % (contre 67 % en 2011) des établissements gérés en SEL sont de type LBM.

Jacques Nadel

*Depuis janvier 2010, une structure exploite un laboratoire de biologie médicale (LBM) implanté sur un ou plusieurs sites sans limitation de nombre.

**Avant janvier 2010, une structure pouvait exploiter jusqu’à 5 laboratoires d’analyses de biologie médicale (LABM).